Problématique n°10 : L’accès aux semences

Face à l’importance de l’agriculture dans les pays du Sud, la demande de produits destinés à la production agricole, les semences en l’occurrence, n’a pas échappé aux grands lobbys semenciers.

De nombreux pays sont actuellement dans une politique de transformation des structures agricoles visant à intensifier l’agriculture, notamment par l’accès aux technologies. Cependant, ces technologies (mécanisation, semences…) nécessitent aux agriculteurs, qui sont souvent sans grandes capacités financières, d’emprunter une somme importante d’argent pour se moderniser. S’agissant de pays avec peu de réglementation mais avec des politiques de fortes productions, les entreprises de semences ont introduit pour la majorité des semences hybrides ou OGM. Ce type de semence a pour avantage final d’augmenter les rendements, au détriment de l’autonomie des agriculteurs qui se retrouvent dans l’impossibilité d’auto-produire leurs semences, créant une dépendance envers les grands groupes semenciers et phytosanitaires. Ce cas s’est produit en Inde, où de nombreux agriculteurs ont arrêté leur activité. En effet, avec la non adaptabilité des semences OGM à certains microclimats et un prix très élevé de celles-ci (4 fois plus pour le coton), les surendettements des agriculteurs se sont multipliés, mettant un terme à leur activité, et parfois à leur vie pour cause de suicide.

Cependant certaines structures luttent contre cette dépendance des semences. L’association KOKOPELLI en est un exemple. Par sa campagne Semence Sans Frontière, Kokopelli essaye de constituer une banque de graine pour des cultures de types conventionnelle ou biologique. Les graines sont ensuite envoyées gratuitement à des communautés rurales qui en font la demande. Cela permet donc à ces structures de moins subir la dépendance avec des groupes semenciers et de gagner une autonomie semencière.

Vandana Shiva est un symbole de cette lutte en Inde notamment contre Monsanto. Malgré son cursus initial, docteur en physique, elle a pris en main ce problème de suicide des agriculteurs et essaye de retourner la situation en basculant de cette agriculture intensive vers une agriculture rurale avec une indépendance des agriculteurs.
Ce mouvement est aussi suivi dans d’autres continents par exemple en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire où il y a un Processus de production des semences certifiées de riz et de maïs. Cette initiative a été mise en place par le gouvernement ivoirien. Celui-ci a voulu devancer les lobbys semenciers. En effet, suite à la flambée des prix des denrées alimentaires observée en 2007 et 2008, le gouvernement a lancé une politique de sécurité alimentaire en mettant en place des cultures comme riz, le maïs, le manioc et l’igname. Malgré des baisses de rendements due à un manque de semences de qualité et un manque de connaissances, des aides ont été mise en place pour pallier à ce problème. Les aides sont de diverses origines : Union Européenne, l’Unité de Coordination du Projet d’appui aux petits Producteurs Maraîchers dans les régions des Savanes (PPMS)…

Sources :

http://semences-sans-frontieres.fr/

Crise agricole en Inde : un agriculteur se suicide toutes les trente minutes

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